Passer le cap des 8 ans ne rend pas votre assurance vie exonérée d’impôt : cela ouvre droit à un abattement annuel sur les gains retirés (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé) et à une taxation réduite à 7,5 % au-delà de cet abattement (au lieu de 12,8 %), pour les gains issus de versements cumulés inférieurs à 150 000 € par assuré. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas, sans aucun abattement (article 125-0 A du Code général des impôts).
« Attendez 8 ans avant de toucher à votre assurance vie » est sans doute le conseil le plus répété (et le plus mal expliqué) sur ce produit. Beaucoup d’épargnants pensent qu’au-delà de cette date, les retraits deviennent totalement exonérés d’impôt. C’est faux, et cette confusion peut conduire à de mauvaises décisions de retrait.
Ce qui change réellement au 8ᵉ anniversaire du contrat
L’ancienneté se calcule à partir de la date d’ouverture du contrat, pas à partir de chaque versement. Un contrat ouvert le 15 mars 2018 franchit son 8ᵉ anniversaire le 15 mars 2026, même si vous avez versé de l’argent en 2024. Concrètement, deux choses changent au-delà de cette date :
- Un abattement annuel s’applique sur les gains retirés : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement se renouvelle chaque année civile et ne se cumule pas d’une année sur l’autre s’il n’est pas utilisé.
- Au-delà de cet abattement, le taux d’imposition sur les gains passe de 12,8 % à 7,5 %, mais uniquement pour la part de gains correspondant à des versements cumulés inférieurs à 150 000 € par assuré, tous contrats d’assurance vie confondus. Au-delà de ce seuil de versements, le taux reste à 12,8 %.
Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité des gains retirés, sans aucun abattement : ce sont les gains bruts qui sont soumis aux prélèvements sociaux, l’abattement ne s’applique qu’à la part imposable à l’impôt sur le revenu.
Un exemple chiffré pour comprendre le calcul
Prenons un retrait de 20 000 € sur un contrat de plus de 8 ans, dont 6 000 € correspondent à des gains (le reste étant le capital versé, jamais imposé). Pour une personne seule sans autre retrait dans l’année :
| Élément du calcul | Montant |
|---|---|
| Gains contenus dans le retrait | 6 000 € |
| Abattement annuel (personne seule) | 4 600 € |
| Gains imposables à l’impôt sur le revenu | 1 400 € |
| Impôt sur le revenu (taux 7,5 %) | 105 € |
| Prélèvements sociaux (17,2 % sur 6 000 €, sans abattement) | 1 032 € |
| Total prélevé | 1 137 € |
Le malentendu que j’entends le plus souvent : « mon contrat a 10 ans, donc si je retire de l’argent, je ne paierai rien ». C’est faux dans la quasi-totalité des cas, sauf si le montant de gains retiré reste sous l’abattement annuel. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que la fiscalité après 8 ans est nettement plus favorable qu’avant : d’où l’intérêt de ne pas racheter un contrat ancien pour en ouvrir un nouveau sans avoir mesuré cette perte d’antériorité.
Peut-on retirer de l’argent avant 8 ans sans attendre ?
Oui, rien ne vous oblige à attendre. Avant 8 ans, les gains retirés sont taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total, ou sur option au barème progressif de l’impôt sur le revenu si cela s’avère plus favorable à votre situation. La disponibilité de l’argent n’a jamais été conditionnée aux 8 ans : c’est uniquement le niveau de taxation qui varie. Nous détaillons ce mécanisme dans notre guide assurance vie : définition, fonctionnement et fiscalité.
Mon contrat, ouvert en février 2016, a franchi ses 8 ans en février 2024. J’ai attendu cette date avant de faire un retrait significatif pour financer des travaux. Sur mon relevé, l’assureur a détaillé la part de gains dans mon retrait, l’abattement appliqué, puis le montant réellement imposé. Le calcul m’a semblé plus favorable que ce que j’imaginais au départ, mais nettement moins simple que « c’est gratuit après 8 ans » comme on me l’avait présenté à l’ouverture du contrat.
Faut-il attendre le 8ᵉ anniversaire exact pour retirer ?
Si un retrait n’est pas urgent et que la date des 8 ans approche de quelques semaines ou mois, il peut être pertinent d’attendre pour bénéficier du régime fiscal le plus favorable. À l’inverse, retarder un besoin réel d’argent uniquement pour gagner quelques points de fiscalité n’a de sens que si l’écart financier justifie l’attente : un calcul à faire au cas par cas, idéalement avec votre assureur ou un conseiller.
Foire aux questions
L’abattement de 4 600 € s’applique-t-il chaque année ?
Oui, il se renouvelle chaque année civile, mais uniquement si vous effectuez un retrait cette année-là. Il ne se cumule pas si vous ne l’utilisez pas.
Le seuil de 150 000 € s’apprécie-t-il par contrat ou par personne ?
Par personne (assuré), tous contrats d’assurance vie confondus, et il porte sur le montant des versements effectués (primes), pas sur la valeur totale du contrat.
Que se passe-t-il si je rachète un contrat pour en ouvrir un nouveau ?
Vous perdez l’antériorité fiscale du contrat clôturé : le nouveau contrat repart à zéro et il faudra de nouveau attendre 8 ans pour bénéficier de l’abattement, sauf dispositif spécifique de transfert prévu par la loi PACTE au sein du même assureur.
Cet abattement existe-t-il aussi en cas de succession ?
Non, il s’agit d’un mécanisme différent réservé aux rachats du vivant de l’assuré. La fiscalité applicable en cas de décès obéit à d’autres règles, détaillées dans notre article assurance vie et succession.
Pour comprendre les règles applicables si vous envisagez un rachat partiel ou total, consultez notre article racheter son assurance vie : rachat partiel ou total. Pour la répartition de votre épargne au sein du contrat, voir fonds euros contre unités de compte.
Cet article a un objectif d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les seuils et taux cités sont donnés à titre indicatif à la date de publication, sur la base du régime applicable aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 ; votre contrat peut relever d’un régime antérieur. Avant tout retrait, rapprochez-vous de votre assureur ou d’un conseiller qualifié pour un calcul personnalisé. Banque-avenue.fr n’est ni conseiller en investissement financier (CIF), ni courtier, ni intermédiaire en assurance (IAS) au sens réglementaire.
Sources : article 125-0 A du Code général des impôts (impots.gouv.fr, service-public.fr) ; Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP-Impôts).
Auteur : Karim Ferrand, ancien conseiller en gestion de patrimoine en banque privée pendant 11 ans, aujourd’hui consultant indépendant spécialisé en épargne longue, retraite et transmission. Article publié le 11 août 2026.
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle et vérifié selon notre méthodologie éditoriale.
