Le fonds en euros garantit votre capital mais offre un rendement limité (autour de 2,5 % à 3 % net de frais de gestion pour l’année 2024, selon les données de place publiées par France Assureurs début 2025) ; les unités de compte (UC) n’offrent aucune garantie de capital mais permettent de viser une performance plus élevée sur longue durée, en contrepartie d’un risque de perte réel. La règle de répartition dépend d’abord de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque, pas uniquement de votre âge : la formule toute faite « 100 moins votre âge en pourcentage d’UC » reste une heuristique à nuancer, pas une règle universelle.

Une fois votre contrat d’assurance vie ouvert, la question centrale devient : comment répartir l’argent entre le fonds en euros et les unités de compte ? C’est une décision qui doit se réévaluer régulièrement, pas se figer à l’ouverture du contrat.

Le fonds en euros : sécurité et rendement limité

Le fonds en euros est le support historique de l’assurance vie française. L’assureur garantit le capital versé (nets de frais) et, grâce à « l’effet cliquet », les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis et ne peuvent plus être perdus. En contrepartie de cette sécurité, le rendement reste modéré : le fonds euros est majoritairement investi en obligations d’État et d’entreprises, dont les taux ont fortement varié ces dernières années.

Le taux moyen net de frais de gestion constaté sur l’ensemble des fonds euros du marché pour l’année 2024, selon les données publiées par France Assureurs début 2025, se situait globalement entre 2,5 % et 3 %, avec des écarts importants d’un assureur à l’autre, certains contrats affichant des taux sensiblement supérieurs à la moyenne, d’autres en dessous. Ce chiffre n’est ni garanti pour les années suivantes, ni identique d’un contrat à l’autre : vérifiez le taux net réellement servi par votre assureur sur ses relevés annuels.

Les unités de compte : performance potentielle, risque réel

Les unités de compte regroupent des supports financiers variés : actions, obligations, parts d’OPCVM ou d’ETF, SCPI (immobilier), fonds diversifiés. Leur valeur évolue avec les marchés financiers, à la hausse comme à la baisse. Sur longue durée (15-20 ans et plus), les actions ont historiquement offert des performances supérieures aux obligations, mais cette performance n’est ni garantie ni linéaire : des années de baisse significative peuvent survenir à n’importe quel moment, y compris juste avant un retrait prévu.

Le piège que je vois le plus souvent, c’est l’épargnant qui bascule tout son capital en unités de compte juste avant un projet à court terme (achat immobilier, retraite dans deux ans) sans tenir compte du risque de baisse à un mauvais moment. La répartition ne doit jamais dépendre uniquement de votre âge : un jeune actif qui a besoin de son épargne dans 18 mois pour un apport immobilier doit rester prudent, même à 30 ans.

Comment penser sa répartition : horizon avant tout

Trois éléments doivent guider votre répartition, dans cet ordre :

  1. Votre horizon de placement : plus l’échéance à laquelle vous prévoyez d’utiliser cet argent est lointaine, plus vous pouvez théoriquement absorber les fluctuations des unités de compte sans être contraint de vendre au mauvais moment.
  2. Votre tolérance réelle au risque : au-delà du profil théorique, demandez-vous comment vous réagiriez si votre épargne perdait 20 % de sa valeur en quelques mois. Si cette perspective vous empêche de dormir, votre allocation en UC est probablement trop élevée, quel que soit votre âge.
  3. La diversification déjà présente dans votre patrimoine : si vous détenez déjà un bien immobilier ou d’autres placements risqués, votre assurance vie peut jouer un rôle plus prudent en complément.

La règle empirique « 100 moins votre âge = pourcentage à investir en actions/UC » (donc 70 % d’UC à 30 ans, 40 % à 60 ans) est parfois citée comme repère. Elle a le mérite de la simplicité, mais elle ignore l’horizon réel du projet et la tolérance psychologique au risque : à manier avec prudence, comme un point de départ à ajuster, pas comme une formule à appliquer aveuglément.

Profil / horizonPart fonds euros (repère indicatif)Part unités de compte (repère indicatif)
Horizon court (moins de 3 ans) ou aversion au risque forte80 % à 100 %0 % à 20 %
Horizon moyen (5 à 10 ans), profil équilibré40 % à 60 %40 % à 60 %
Horizon long (plus de 10 ans), tolérance au risque assumée10 % à 30 %70 % à 90 %
Repères indicatifs généraux, à adapter à votre situation personnelle. Ils ne constituent pas une recommandation personnalisée ; un conseiller peut affiner cette répartition selon votre patrimoine global et vos objectifs.

Quand j’ai ouvert mon contrat en 2016, j’avais tout mis en fonds euros par prudence, sans trop réfléchir. Trois ans plus tard, en discutant avec un conseiller, j’ai basculé progressivement 50 % de mon épargne vers des unités de compte diversifiées, parce que je savais que je ne toucherais pas à cet argent avant au moins dix ans, pour ma retraite. J’ai gardé le reste en fonds euros comme filet de sécurité. Je n’ai jamais tout misé d’un coup : j’ai étalé les arbitrages sur plusieurs mois.

Peut-on changer de répartition après coup ?

Oui, à tout moment, via un arbitrage : vous demandez à votre assureur de transférer une partie de votre épargne d’un support à un autre, sans clôturer le contrat ni perdre l’antériorité fiscale. Deux mécanismes automatiques existent aussi sur certains contrats : la sécurisation progressive des plus-values (les gains sur UC sont automatiquement rebasculés vers le fonds euros à l’approche d’une échéance) et l’investissement progressif (un versement initial est lissé sur plusieurs mois vers les UC, pour réduire le risque d’investir au plus mauvais moment).

Foire aux questions

Peut-on perdre tout son argent en unités de compte ?

La perte totale est théoriquement possible mais très improbable si vous diversifiez sur plusieurs supports (fonds diversifiés, plusieurs zones géographiques, plusieurs classes d’actifs) plutôt que de tout concentrer sur une seule ligne.

Le fonds euros va-t-il continuer à baisser ?

Personne ne peut le garantir : le rendement du fonds euros dépend des taux obligataires et des réserves de chaque assureur. Consultez le taux net réellement servi par votre assureur sur votre relevé annuel plutôt qu’une moyenne de marché.

Faut-il tout arbitrer en une seule fois ?

Étaler les arbitrages dans le temps (investissement progressif) permet de lisser le risque de mal choisir son moment d’entrée sur les marchés, une pratique courante recommandée par de nombreux professionnels.

La gestion pilotée simplifie-t-elle ce choix ?

Oui : dans ce mode, un professionnel ajuste la répartition selon un profil de risque que vous définissez au départ. Voir notre article gestion pilotée contre gestion libre pour comparer les deux approches.

Pour comprendre les bases fiscales du contrat avant d’arbitrer votre épargne, consultez notre guide assurance vie : définition, fonctionnement et fiscalité. Si votre contrat approche ou dépasse 8 ans, notre article assurance vie après 8 ans détaille ce que cela change concrètement pour vos retraits.

Cet article a un objectif d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les taux et repères de répartition cités sont donnés à titre indicatif à la date de publication et ne préjugent pas des performances futures ; les unités de compte comportent un risque de perte en capital. Avant toute décision d’arbitrage, rapprochez-vous d’un conseiller bancaire, d’un courtier ou d’un conseiller en gestion de patrimoine qualifié. Banque-avenue.fr n’est ni conseiller en investissement financier (CIF), ni courtier, ni intermédiaire en assurance (IAS) au sens réglementaire.

Sources : France Assureurs, données de place sur les fonds euros publiées début 2025 ; Autorité des marchés financiers (AMF), documentation sur les unités de compte et le risque de perte en capital ; Code des assurances.

Auteur : Karim Ferrand, ancien conseiller en gestion de patrimoine en banque privée pendant 11 ans, aujourd’hui consultant indépendant spécialisé en épargne longue, retraite et transmission. Article publié le 9 août 2026.

Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle et vérifié selon notre méthodologie éditoriale.