Opposition, chargeback, garantie d’achat : le bon recours

Personne tenant une carte bancaire devant un ordinateur portable ouvert sur une page de paiement en ligne

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Une commande jamais livrée, un débit que vous ne reconnaissez pas, un colis qui arrive cassé : trois situations très différentes, et presque toujours le même réflexe, appeler la banque pour « faire opposition ». Le mot est unique, la démarche ne l’est pas.

Trois recours coexistent derrière une carte bancaire, et ils ne viennent pas du même endroit. Le premier est un droit inscrit dans la loi française. Le deuxième est une procédure privée, écrite par un réseau de cartes pour les banques qui en sont membres. Le troisième est un contrat d’assurance attaché à une gamme de carte précise. Les confondre coûte des semaines, et parfois le recours lui-même.

Les trois recours n’ont ni la même source, ni le même délai, ni le même interlocuteur. Un seul est un droit opposable.

Opération non autorisée : c’est du droit. L’article L. 133-24 du code monétaire et financier vous donne treize mois à compter de la date de débit pour la signaler, et l’article L. 133-18 impose à la banque de rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant.

Chargeback : ce n’est pas un droit français. C’est une règle privée. Les Visa Core Rules and Visa Product and Service Rules du 18 avril 2026 la décrivent comme une procédure ouverte par votre banque, pas par vous, et lui donnent 120 jours calendaires pour la traiter.

Garantie d’achat : c’est une assurance, et elle dépend de la notice de votre gamme de carte. Sur les quatre notices publiques ouvertes le 6 septembre 2026 pour cet article, deux ne comportent aucune garantie d’achat, une couvre la non-livraison jusqu’à 1 500 € par sinistre, une ne couvre que 48 heures après l’achat ou la livraison et seulement contre le vol ou la détérioration.

Aucun des trois ne remplace l’action contre le vendeur, prévue à l’article L. 216-6 du code de la consommation.

Trois recours, trois sources de droit, et c’est la source qui décide de tout

Avant de regarder les délais, il faut regarder qui écrit la règle. C’est ce qui détermine si vous pouvez l’invoquer vous-même, devant qui, et ce qui se passe si on vous oppose un refus.

RecoursQui écrit la règleNatureQui agit
Remboursement d’une opération non autoriséeLe législateur français, en application du droit européen des services de paiementDroit opposable, avec des délais écrits dans le codeVous, auprès de votre banque
Chargeback (rétrofacturation)Le réseau de cartes, pour ses banques membresRègle contractuelle privéeVotre banque, auprès de la banque du commerçant
Garantie d’achat, de livraison ou d’extension de garantieUn assureur, dans une notice d’information propre à une gamme de carteContrat d’assuranceVous, auprès de l’assureur ou de son gestionnaire
Classement établi par la rédaction à partir des textes cités dans cet article, consultés le 6 septembre 2026. Une « notice d’information » est le document d’assurance qui décrit les garanties, leurs plafonds et leurs exclusions.

Une conséquence pratique découle immédiatement de ce tableau. Sur le premier recours, un refus de la banque se discute avec le code à la main. Sur le deuxième, vous n’êtes partie à rien : la règle lie le réseau et votre banque, et vous n’avez aucun droit direct à l’invoquer. Sur le troisième, ce sont les conditions d’une police d’assurance qui s’appliquent, avec leurs exclusions.

L’opération non autorisée est le seul des trois recours écrit dans la loi

Une opération de paiement non autorisée, c’est un paiement que vous n’avez ni ordonné ni consenti : numéro de carte capté sur un site marchand, achat effectué après le vol de la carte, débit issu d’une manipulation dont vous n’étiez pas l’auteur. Le régime tient en quatre articles du code monétaire et financier.

  • Le délai pour signaler : l’article L. 133-24 impose de signaler l’opération « sans tarder » et « au plus tard dans les treize mois suivant la date de débit sous peine de forclusion ». La forclusion signifie qu’au-delà, la demande n’est plus recevable, même si elle était fondée.
  • Le délai pour rembourser : l’article L. 133-18 oblige la banque à rembourser « immédiatement » et « en tout état de cause au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant », sauf si elle a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de votre part, raisons qu’elle doit alors communiquer par écrit à la Banque de France.
  • La charge de la preuve : l’article L. 133-23 la met sur la banque. C’est à elle de prouver que l’opération a été authentifiée et correctement enregistrée, et le texte précise que le seul enregistrement de l’usage de la carte « ne suffit pas nécessairement » à prouver que vous l’aviez autorisée.
  • Ce qui reste à votre charge : l’article L. 133-19 plafonne à 50 € les pertes supportées avant le signalement, en cas de perte ou de vol de la carte. Ce plafond tombe dans plusieurs cas, notamment lorsque l’opération a été faite sans utilisation de vos données de sécurité personnalisées, ou lorsque la carte a été détournée à votre insu alors que vous l’aviez toujours en votre possession.

Le point le moins connu se trouve au V du même article L. 133-19 : sauf agissement frauduleux de votre part, vous ne supportez aucune conséquence financière si la banque n’a pas exigé l’authentification forte, ce système qui vous demande de confirmer une opération sensible dans une application mobile ou par un code reçu à part, pour éviter qu’une autre personne agisse à votre place. Sur un achat en ligne validé sans cette étape, la question de votre négligence ne se pose donc plus.

Un second délai, moins visible, existe à côté des treize mois. L’article L. 133-1-1, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2026, ramène ce délai à soixante-dix jours dans deux configurations qu’il nomme : les opérations d’un prestataire de Saint-Pierre-et-Miquelon ou de Saint-Barthélemy avec un bénéficiaire hors de France, et celles d’un prestataire établi en France avec un bénéficiaire situé hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen. Il est prolongeable contractuellement sans pouvoir dépasser cent vingt jours. La fiche « Fraude à la carte bancaire » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 13 février 2026, mentionne elle aussi ce délai de soixante-dix jours. Si vous achetez sur un site dont la banque est établie hors de l’Espace économique européen, vérifiez ce point dans votre convention de compte plutôt que de compter sur les treize mois.

« Faire opposition » ne veut plus dire ce que vous croyez depuis le 1er novembre 2009

Le vocabulaire est un piège à lui seul. Beaucoup de pages parlent encore d’un article L. 132-4 du code monétaire et financier, qui traitait de la responsabilité du titulaire d’une carte en cas de paiement contesté à distance. Cet article a été abrogé le 1er novembre 2009 par l’ordonnance n° 2009-866 du 15 juillet 2009. Le chapitre consacré aux cartes de paiement a disparu du code à cette date, et les articles L. 132-1 et L. 132-2 portent désormais sur la lettre de change et le billet à ordre.

Ce qui l’a remplacé s’appelle autrement. L’article L. 133-17 parle de blocage de l’instrument de paiement, et il fixe une liste fermée de situations : la perte, le vol, le détournement, ou toute utilisation non autorisée de la carte ou des données qui lui sont liées. Une commande non livrée n’y figure pas.

Le mot « opposition » survit à un seul endroit du texte, et il vise un cas très précis. Le II de l’article L. 133-17 permet de faire opposition au paiement « en cas de procédure de redressement ou de liquidation judiciaires du bénéficiaire », et seulement tant que le compte de la banque du commerçant n’a pas été crédité. Autrement dit : si le site marchand chez qui vous avez commandé est en liquidation, une opposition au paiement est prévue par le code, mais la fenêtre est très courte.

Quand vous appelez pour « faire opposition », la banque n’entend pas une contestation commerciale, elle entend une demande de blocage de l’instrument. Les deux gestes n’ont pas les mêmes suites : le blocage arrête l’usage futur de la carte, il n’annule aucun débit déjà passé.

La contestation d’un débit déjà passé est une seconde démarche, écrite, qui relève des articles L. 133-18 et suivants. C’est elle qui déclenche le délai de remboursement à la fin du premier jour ouvrable suivant, et c’est elle qui met la charge de la preuve sur l’établissement.

Un troisième cas se présente souvent sans être nommé : l’opération que vous avez bien autorisée, mais dont le montant n’était pas connu à l’avance (une caution de location, des frais d’hôtel). L’article L. 133-25 ouvre alors un droit au remboursement à demander dans les huit semaines suivant le débit, la banque devant répondre dans les dix jours ouvrables, soit en remboursant, soit en justifiant son refus.

Le chargeback est une règle privée que Visa écrit pour ses banques membres, pas un droit du consommateur

Le chargeback, ou rétrofacturation, désigne la procédure par laquelle la banque qui a émis votre carte réclame le montant d’une opération à la banque du commerçant, via le réseau. Le règlement public du réseau Visa, les Visa Core Rules and Visa Product and Service Rules dans leur édition du 18 avril 2026, décrit dès son introduction ce que sont ces règles : un contrat contraignant entre Visa et chacun de ses membres. Les membres sont les établissements financiers. Vous n’en êtes pas un.

Ce document est le seul règlement de réseau que nous avons pu ouvrir pour cet article. Le Chargeback Guide de Mastercard n’était pas accessible depuis notre poste le 6 septembre 2026, l’adresse publique renvoyant un refus d’accès : nous ne décrivons donc ici que les règles Visa, et rien de ce qui suit ne peut être transposé à un autre réseau sans vérification.

La marchandise non reçue porte un nom dans ce règlement : Dispute Condition 13.1, Merchandise/Services Not Received. Le texte y attache des conditions que les pages grand public passent le plus souvent sous silence.

  • C’est l’émetteur, c’est-à-dire votre banque, qui peut ouvrir le litige. La formulation du règlement est « an Issuer may initiate a Dispute » : une faculté de la banque, pas une obligation, et pas un droit qui vous appartiendrait.
  • Pour la région Europe, le titulaire doit d’abord avoir tenté de régler le litige avec le commerçant avant que la banque puisse ouvrir le dossier.
  • Un délai d’attente de 15 jours calendaires s’applique à partir de la date d’opération lorsque aucune date de livraison n’était prévue, porté à 30 jours calendaires pour les agences de voyages et les billetteries de spectacles.
  • Le litige doit être traité au plus tard 120 jours calendaires après la date de traitement de l’opération, ou 120 jours calendaires après la dernière date à laquelle vous attendiez la livraison, sans jamais dépasser 540 jours calendaires depuis la date de traitement de l’opération.

Le règlement énumère aussi les cas où ce motif précis est irrecevable, et cette liste est décisive pour choisir le bon recours. Sont écartés du motif 13.1 : les opérations que le titulaire déclare frauduleuses, les litiges portant sur la qualité de la marchandise ou du service, et les annulations décidées par le client avant la date de livraison prévue. Un achat que vous ne reconnaissez pas ne relève donc pas de ce motif, mais d’un motif de fraude, le Dispute Condition 10.4, Other Fraud, Card-Absent Environment, auquel le règlement donne un délai de 120 jours calendaires à compter de la date de traitement de l’opération.

Mettez ce chiffre en face du précédent et l’écart saute aux yeux.

SituationDélai côté loi françaiseDélai côté règlement Visa
Opération que vous ne reconnaissez pas13 mois120 jours
Marchandise ou service non reçuSans objet120 jours
Délai d’attente avant ouverture du dossierAucun15 jours
Colonne de gauche : article L. 133-24 du code monétaire et financier, consulté le 6 septembre 2026. Colonne de droite : Visa Core Rules and Visa Product and Service Rules, édition du 18 avril 2026, règles 11.7.5.4, 11.10.2.2 et 11.10.2.4. Les délais Visa sont exprimés en jours calendaires. La mention « sans objet » signifie que la loi ne traite pas ce cas au titre de l’opération non autorisée, et non qu’aucune règle n’existe ailleurs.

Retenez la hiérarchie plutôt que les chiffres. Sur une opération que vous ne reconnaissez pas, le droit français vous protège plus longtemps que la procédure interne du réseau : c’est le code qu’il faut invoquer, pas le chargeback. Notre article sur la contestation d’une transaction non reconnue détaille cette démarche pas à pas.

La garantie d’achat est une assurance, et deux cartes du même rang ne couvrent pas la même chose

C’est le mécanisme le plus mal compris des trois, parce qu’il ne dépend ni de la loi ni du réseau, mais d’un contrat signé entre votre banque et un assureur. Il n’existe donc aucune réponse valable « pour les cartes haut de gamme ». La seule réponse valable est celle de la notice d’information de votre gamme de carte.

Nous avons ouvert quatre notices publiques le 6 septembre 2026, sur quatre cartes de positionnement comparable. Elles donnent quatre réponses différentes.

Notice ouverteAssureurUne commande non livrée est-elle couverte ?Ce que dit la notice
Crédit Mutuel, cartes CB Mastercard Gold, notice « N.I CB Mastercard Gold 01/2019 », contrat BD 3.820.400Assurances du Crédit Mutuel IARDOuiGarantie « Achat à distance », article « Exécution de commande » : remboursement du prix d’achat si, après réclamation auprès du commerçant, celui-ci n’a ni livré ni remboursé. Indemnité plafonnée à 1 500 € par sinistre et 3 000 € par année civile.
Société Générale, carte Gold Mastercard, notice référencée (H) 718244, 03/2025, contrat n° 71 181 328Allianz IARDNonLa « Garantie Achats » couvre les détériorations, les vols avec effraction et les vols avec agression, pendant 48 heures maximum à compter de la date d’achat ou de livraison. La non-livraison ne figure pas parmi les événements garantis.
BoursoBank, carte ULTIM, notice applicable au 1er janvier 2026, police FRBOTY03361Chubb European Group SENonLa notice est intitulée « Assurances et Assistance Voyage ». Son tableau de garanties ne comporte aucune garantie d’achat, de livraison ou d’extension de garantie.
BoursoBank, carte de l’offre METAL, notice applicable au 1er janvier 2026, police FRBOTY03362Chubb European Group SENonMême structure, intitulée « Assurances et Assistance Voyage et Billetterie ». Aucune garantie d’achat ou de livraison dans le sommaire ni dans le tableau des montants de garanties.
Notices d’information téléchargées sur les sites officiels des établissements le 6 septembre 2026. Chaque ligne vaut pour la gamme de carte nommée et pour la version de notice citée, et pour rien d’autre : une autre banque, une autre gamme ou une version postérieure peuvent dire autre chose.

La notice du Crédit Mutuel mérite d’être lue en détail, parce qu’elle montre à quel point une garantie qui existe reste étroite. La non-livraison n’y est établie qu’après un délai de 30 jours calendaires suivant la conclusion du contrat, ou 30 jours après la date de livraison si le contrat en mentionne une. Le sinistre doit être déclaré dans les 20 jours qui suivent sa survenance, une réclamation ayant d’abord été adressée au commerçant par lettre recommandée avec accusé de réception. Une franchise de 30 €, c’est-à-dire une part qui reste à votre charge, s’applique lorsque le commerçant n’assure pas de suivi de commande. Le bien doit valoir plus de 15 € hors frais de port, ou plus de 30 € pour l’ensemble d’une même commande, et avoir été acheté neuf au moyen de la carte assurée.

Les exclusions de cette même garantie retirent une grande partie du commerce en ligne courant : animaux, véhicules terrestres à moteur, espèces et titres, bijoux et objets en métaux précieux massifs, fourrures, données numériques et fichiers à télécharger, biens acquis sur des sites d’échanges ou d’enchères, biens achetés d’occasion. En cas de non-livraison, les titres de transport non nominatifs sont également exclus.

Trois vérifications valent donc mieux qu’une intuition : le nom exact de votre gamme de carte, la date de la version de notice publiée par votre banque, et la présence, ou non, du mot « livraison » dans son sommaire. Nos articles sur les services des cartes haut de gamme et sur la carte Visa Platinum de La Banque Postale partent du même principe : la garantie annoncée sur une page commerciale n’a de valeur que si la notice la confirme.

Aucun des trois recours ne remplace l’action contre le vendeur

C’est l’oubli le plus fréquent, et le plus coûteux. Face à une commande non livrée, votre premier interlocuteur reste le vendeur, et le code de la consommation vous donne des leviers directs contre lui.

L’article L. 216-6 vous permet, après une mise en demeure restée sans effet dans un délai raisonnable, de résoudre le contrat, c’est-à-dire de l’annuler. Il permet aussi de le résoudre immédiatement lorsque le professionnel refuse de livrer, ou lorsque le respect d’une date précise était une condition essentielle du contrat. L’article L. 216-7 impose alors au professionnel de vous rembourser toutes les sommes versées, au plus tard quatorze jours après la date de résolution.

Ces deux articles s’appliquent aux contrats conclus à partir du 1er janvier 2022. Ils ne dépendent ni de votre banque, ni de votre réseau de carte, ni de votre gamme. Et ils ne vous privent pas de dommages et intérêts.

Julien, 34 ans, travailleur indépendant, gère lui-même ses comptes. Il raconte avoir appelé sa banque pour « faire opposition » après une commande jamais livrée, et être reparti de l’entretien avec une carte bloquée, une nouvelle carte à attendre, et exactement zéro avancée sur son colis.

Ce qui l’a surpris n’est pas le refus, c’est le malentendu. Il croyait demander l’annulation d’un débit, son interlocuteur a entendu une demande de blocage de la carte, et les deux ont eu raison en même temps dans leur propre vocabulaire.

Sa seconde surprise a porté sur l’ordre des démarches. Il pensait que la banque était le premier recours, alors que la relance écrite du vendeur conditionnait à la fois l’action contre le commerçant et, sur d’autres cartes que la sienne, la mise en jeu d’une garantie d’assurance.

Quatre questions dans l’ordre pour identifier votre recours

  1. Avez-vous ordonné ce paiement ? Si la réponse est non, vous êtes sur le terrain de l’opération non autorisée : signalement à la banque, treize mois au plus, remboursement dû au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant.
  2. L’aviez-vous ordonné sans en connaître le montant exact ? Si oui, c’est l’article L. 133-25 qui s’applique : demande dans les huit semaines suivant le débit, réponse de la banque dans les dix jours ouvrables.
  3. Le paiement était bien le vôtre, mais rien n’est arrivé ? Relancez le vendeur par écrit, en conservant la preuve d’envoi. C’est la condition d’entrée du recours contre le vendeur, et souvent aussi celle de la garantie d’assurance.
  4. Le vendeur ne répond pas ou refuse ? Ouvrez alors deux pistes en parallèle : la résolution du contrat au titre de l’article L. 216-6, et la notice d’information de votre gamme de carte, pour savoir si une garantie « livraison » ou « achat à distance » existe. Demandez à votre banque si elle envisage un chargeback, en sachant que la décision lui appartient.

Questions fréquentes

Peut-on faire opposition parce qu’un colis n’est jamais arrivé ?

Non. L’article L. 133-17 du code monétaire et financier réserve le blocage de la carte à la perte, au vol, au détournement et à l’utilisation non autorisée. Le II du même article prévoit une opposition au paiement dans un seul cas de litige commercial : le redressement ou la liquidation judiciaires du bénéficiaire.

Combien de temps ai-je pour contester un débit que je ne reconnais pas ?

Treize mois à compter de la date de débit, sous peine de forclusion, selon l’article L. 133-24. L’article L. 133-1-1, en vigueur au 1er janvier 2026, le ramène à soixante-dix jours pour les opérations d’un prestataire de Saint-Pierre-et-Miquelon ou de Saint-Barthélemy avec un bénéficiaire hors de France, et celles d’un prestataire établi en France avec un bénéficiaire situé hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, délai prolongeable contractuellement jusqu’à cent vingt jours : votre convention de compte est le document à vérifier.

Puis-je exiger un chargeback de ma banque ?

Le règlement Visa du 18 avril 2026 écrit que l’émetteur « peut » ouvrir un litige, et présente ses règles comme un contrat entre le réseau et ses membres. Rien dans ce document ne crée un droit au bénéfice du porteur de carte. Une demande reste utile, une exigence n’a pas de fondement.

Ma carte haut de gamme couvre-t-elle forcément les achats sur internet ?

Non, et deux cartes comparables peuvent différer du tout au tout. Sur les quatre notices ouvertes le 6 septembre 2026 pour cet article, une seule couvre la non-livraison. Deux notices BoursoBank de janvier 2026 ne comportent aucune garantie d’achat, et une notice Société Générale de mars 2025 limite sa garantie à 48 heures après l’achat ou la livraison, contre le vol ou la détérioration.

Faut-il relancer le vendeur avant de saisir la banque ou l’assureur ?

Sur un litige de livraison, oui, dans les trois voies. Le règlement Visa exige, pour la région Europe, que le titulaire ait tenté de résoudre le litige avec le commerçant. La notice Crédit Mutuel citée plus haut impose une réclamation par lettre recommandée avec accusé de réception. Et l’article L. 216-6 du code de la consommation suppose une mise en demeure préalable, sauf refus de livrer.

Ce que cet article permet de trancher, et ce qu’il ne permet pas

Il permet de savoir quel recours ouvrir, dans quel ordre, et avec quel document en main : le code monétaire et financier pour une opération non autorisée, la notice d’information de votre gamme pour une garantie d’assurance, le code de la consommation pour l’action contre le vendeur.

Il ne permet pas de préjuger de votre cas. Les délais et plafonds cités sortent de textes et de notices datés, valables à la date de relevé indiquée, et une notice se met à jour sans préavis pour le lecteur. Il ne dit rien non plus des règles des réseaux autres que Visa : le règlement de Mastercard n’a pas pu être ouvert, et nous n’en déduisons rien, ni dans un sens ni dans l’autre. L’ensemble de nos articles bancaires est rassemblé dans notre grand dossier sur la banque.

Cet article a un objectif d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les délais, plafonds et conditions cités sont donnés à titre indicatif, à la date de version des textes et des notices d’où ils sont tirés, et peuvent varier selon votre situation, votre établissement et l’évolution des textes. Avant toute démarche, rapprochez-vous de votre banque, de l’assureur mentionné dans votre notice ou d’un professionnel qualifié.

banque-avenue.fr n’est ni conseiller en investissement financier, ni courtier, ni intermédiaire en opérations de banque : le site informe, il ne recommande aucune souscription individualisée. Aucun lien de cet article n’est commercial ou affilié, et aucun classement d’établissements n’y est publié.

Les quatre notices citées ne constituent pas un échantillon représentatif du marché français. Elles ont été choisies par nous parce qu’elles étaient publiques et lisibles le 6 septembre 2026, et chaque conclusion vaut pour la gamme de carte et la version de notice nommées, jamais pour une gamme voisine ni pour un autre établissement. Le profil de Julien est un cas représentatif, pas le témoignage d’une personne identifiable, et aucun montant ni aucun délai ne lui est attribué.

Textes consultés sur Légifrance le 6 septembre 2026

  • Code monétaire et financier, article L. 133-17, version en vigueur depuis le 13 janvier 2018 : information sans tarder aux fins de blocage en cas de perte, vol, détournement ou utilisation non autorisée ; opposition au paiement en cas de redressement ou de liquidation judiciaires du bénéficiaire.
  • Code monétaire et financier, article L. 133-18, version en vigueur depuis le 18 août 2022 : remboursement immédiat et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, majoration des sommes dues en cas de retard.
  • Code monétaire et financier, article L. 133-19, version en vigueur depuis le 13 janvier 2018 : plafond de 50 €, cas d’exonération, absence de conséquence financière en l’absence d’authentification forte.
  • Code monétaire et financier, article L. 133-23, version en vigueur depuis le 13 janvier 2018 : charge de la preuve pesant sur le prestataire de services de paiement.
  • Code monétaire et financier, article L. 133-24, version en vigueur depuis le 13 janvier 2018 : signalement sans tarder et au plus tard dans les treize mois suivant la date de débit, sous peine de forclusion.
  • Code monétaire et financier, article L. 133-25, version en vigueur depuis le 13 janvier 2018 : remboursement d’une opération autorisée dont le montant exact n’était pas connu, demande dans les huit semaines, réponse dans les dix jours ouvrables.
  • Code monétaire et financier, article L. 133-1-1, version en vigueur depuis le 1er janvier 2026 : opérations d’un prestataire de Saint-Pierre-et-Miquelon ou de Saint-Barthélemy avec un bénéficiaire hors de France, et celles d’un prestataire établi en France avec un bénéficiaire situé hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, pour lesquelles le délai de treize mois est ramené à soixante-dix jours, prolongeable contractuellement sans dépasser cent vingt jours.
  • Code monétaire et financier, article L. 132-4, abrogé le 1er novembre 2009 par l’ordonnance n° 2009-866 du 15 juillet 2009 : ancien régime de la responsabilité du titulaire d’une carte en cas de paiement contesté à distance.
  • Code de la consommation, article L. 216-6, version en vigueur depuis le 1er octobre 2021 : suspension du paiement et résolution du contrat en cas de défaut de livraison.
  • Code de la consommation, article L. 216-7, version en vigueur depuis le 1er octobre 2021 : remboursement de toutes les sommes versées au plus tard quatorze jours après la résolution.

Règlement de réseau consulté le 6 septembre 2026

  • Visa, Visa Core Rules and Visa Product and Service Rules, édition du 18 avril 2026, version publique : introduction (nature contractuelle des règles entre Visa et ses membres), règle 11.7.5.4 (motif 10.4, fraude en environnement sans carte présente), règles 11.10.2.1 à 11.10.2.5 (motif 13.1, marchandise ou service non reçu). Le Chargeback Guide de Mastercard n’a pas été accessible depuis notre poste à cette date, son adresse publique renvoyant un refus d’accès : aucune règle Mastercard n’est citée dans cet article.

Notices d’information d’assurance téléchargées le 6 septembre 2026

Autres sources publiques

Cet article n’est signé d’aucun auteur : la responsabilité éditoriale est celle du directeur de la publication, nommé sur les mentions légales. Date de relevé et dernière mise à jour : 6 septembre 2026.

Image a la une : RDNE Stock project sur Pexels.