Votre Livret A affiche 1,7 % depuis le 1er août 2026. Les prix, eux, ont augmenté de 2,4 % sur un an en août 2026 selon l’Insee. L’écart entre ces deux chiffres est le seul qui compte pour votre épargne : il décide si votre argent achète plus ou moins de choses dans un an qu’aujourd’hui.

Au 5 septembre 2026, le Livret A et le LDDS, le livret de développement durable et solidaire, rapportent 1,7 % par an. Le LEP, le livret d’épargne populaire réservé aux revenus modestes, rapporte 2,5 %. L’inflation mesurée par l’Insee sur douze mois en août 2026 est de 2,4 %, en estimation provisoire. Le rendement réel, c’est-à-dire ce qui reste une fois l’inflation déduite, est donc de -0,68 % pour le Livret A et le LDDS, et de +0,10 % pour le LEP.

Concrètement, un Livret A rempli à son plafond de 22 950 € produit 390,15 € d’intérêts sur un an, mais perd environ 157 € de pouvoir d’achat si les prix continuent d’augmenter au rythme d’août 2026.

Ce décalage n’est pas une anomalie : le taux du Livret A est calculé sur le semestre écoulé, pas sur l’inflation du mois en cours. Il joue contre l’épargnant quand les prix accélèrent, et pour lui quand ils ralentissent.

La plupart des articles s’arrêtent au taux affiché. C’est le chiffre le plus visible, et le moins informatif. Cet article vous donne le calcul complet, les chiffres officiels à leur date de publication, et la méthode pour le refaire vous-même le mois prochain, quand l’inflation aura changé.

Il ne vous dira pas quoi faire de votre argent. Il vous dira ce que vos livrets font, exactement.

Le rendement réel, c’est ce qui reste quand l’inflation a pris sa part

Le taux nominal est le taux affiché sur votre relevé : 1,7 % pour le Livret A. C’est le pourcentage d’euros supplémentaires que la banque ajoute sur votre livret chaque année.

Le rendement réel est ce que ces euros supplémentaires vous permettent d’acheter en plus. Si vos euros augmentent de 1,7 % mais que les prix montent de 2,4 %, vous avez plus d’euros et moins de courses. Le rendement réel est alors négatif.

Deux façons de le calculer, et elles ne donnent pas tout à fait le même résultat.

  1. La soustraction simple : 1,7 % moins 2,4 % égale -0,7 point. C’est l’approximation qu’on lit partout. Elle suffit pour se faire une idée.
  2. Le calcul exact : (1 + 0,017) divisé par (1 + 0,024), moins 1. Soit -0,68 %. C’est la formule juste, parce que l’inflation s’applique aussi aux intérêts que vous venez de gagner.

L’écart entre les deux méthodes est de deux centièmes de point. Sur un Livret A au plafond, cela représente moins de 5 € par an. Autrement dit : utilisez la soustraction simple pour raisonner vite, le calcul exact pour chiffrer.

Ce calcul reste incomplet tant qu’il ignore l’impôt. Un livret réglementé sert un taux net, un livret bancaire ordinaire sert un taux brut dont l’État reprend une part : les comparer directement n’a pas de sens. Nous appelons donc écart réel net Banque Avenue le résultat de ce calcul appliqué au taux réellement encaissé, après prélèvements, produit par produit, à une date de relevé donnée.

Trois règles le définissent, et elles suffisent à le reproduire : on part du taux net d’impôt et de prélèvements sociaux, jamais du taux affiché ; on utilise la dernière inflation publiée par l’Insee, en signalant si elle est provisoire ; et on date le relevé. Le tableau de la section 5 l’applique sur quatre poches d’épargne à la même date. Le rendement réel est le concept général, l’écart réel net en est la version chiffrée, nette et datée que ce site publie.

Ce que rapportent le Livret A, le LDDS et le LEP au 5 septembre 2026

Les trois livrets sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, selon service-public.gouv.fr. Le taux affiché est donc déjà un taux net : rien n’en sera retiré. C’est leur principal avantage, et il ne se voit pas dans le taux.

LivretTaux netPlafondÉcart réelEffet à plafond plein
Livret A1,70 %22 950 €-0,68 %-157 €
LDDS1,70 %12 000 €-0,68 %-82 €
LEP2,50 %10 000 €+0,10 %+10 €
Taux en vigueur depuis le 1er août 2026 (arrêté du 28 juillet 2026), plafonds relevés sur service-public.gouv.fr le 5 septembre 2026. Écart réel calculé sur l’inflation de 2,4 % sur un an publiée par l’Insee le 28 août 2026 (estimation provisoire). Effet à plafond plein arrondi à l’euro, hors intérêts déjà capitalisés.

Lecture de la dernière colonne : un Livret A rempli à 22 950 € reçoit 390,15 € d’intérêts sur une année pleine. Or il faudrait 550,80 € de plus pour racheter exactement le même panier, puisque les prix ont monté de 2,4 %. Les intérêts ne comblent pas l’écart : il manque 160,65 €. Ces 160,65 € sont des euros de l’an prochain ; ramenés en euros d’aujourd’hui, donc divisés par 1,024, ils valent 157 €. C’est le chiffre de la dernière colonne.

Un épargnant qui détiendrait les trois livrets au plafond, soit 44 950 €, encaisserait 844 € d’intérêts et perdrait environ 229 € de pouvoir d’achat sur l’ensemble.

Deux réserves avant d’aller plus loin, et elles portent toutes deux sur le 2,4 %.

  • C’est du constaté, pas du prévu. 2,4 % est l’inflation des douze mois écoulés, pas une prévision pour les douze prochains. Personne ne connaît l’inflation de 2027. Les écarts réels ci-dessus valent au rythme d’août 2026, et à ce rythme seulement.
  • C’est une estimation provisoire, que l’Insee doit confirmer ou corriger le 15 septembre 2026. Ce n’est pas une formalité : le chiffre de février 2026 a été révisé de 1,0 % à 0,9 % entre l’estimation et le résultat définitif. Un dixième de point de révision déplace chaque écart réel d’environ autant, et le LEP est le plus exposé : à 2,5 % d’inflation confirmée, son écart réel tombe à zéro.

Pourquoi le taux affiché est toujours en retard sur l’inflation que vous payez

Le taux du Livret A n’est pas décidé au jugé. Il découle d’une formule inscrite dans l’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne réglementée. Ce texte prévoit que la Banque de France calcule les taux les 15 janvier et 15 juillet de chaque année, et permet des révisions supplémentaires les 15 avril et 15 octobre.

Le taux retenu est le plus élevé entre 0,5 %, qui sert de plancher, et la moyenne de deux éléments, chacun mesuré sur six mois.

  • L’inflation hors tabac, en moyenne semestrielle. C’est la moitié qui protège le pouvoir d’achat.
  • L’€STR, le taux auquel les banques de la zone euro se prêtent de l’argent au jour le jour. C’est un taux de marché, piloté par les décisions de la Banque centrale européenne, et il ne suit pas le prix du panier de courses.

Le 15 juillet 2026, la Banque de France a calculé la formule avec une inflation hors tabac à 1,52 % en moyenne semestrielle et un €STR moyen à 1,95 % sur janvier à juin. Résultat : 1,7 %, le taux appliqué depuis le 1er août.

Une nuance s’impose : la formule propose, elle ne décide pas. Le 15 janvier 2026, elle donnait 1,4 %. Le gouverneur a proposé de limiter la baisse à 1,5 % pour mieux protéger le pouvoir d’achat, et c’est ce taux majoré qui s’est appliqué pendant six mois. Le 15 juillet, à l’inverse, le taux retenu a été exactement celui de la formule. Sur ces deux révisions, la marge de manœuvre a servi à relever le taux, jamais à l’abaisser.

Voilà le point que l’on lit rarement. Le taux qui s’applique à votre épargne aujourd’hui a été calculé sur une inflation de 1,52 %, mesurée entre janvier et juin. L’inflation que vous payez en septembre est de 2,4 %. L’écart entre les deux, 0,88 point, n’est pas une erreur de la Banque de France : c’est la conséquence mécanique d’une formule qui regarde en arrière.

MoisInflation sur un anTaux Livret A en vigueur
Février 20260,9 %1,50 %
Mars 20261,7 %1,50 %
Avril 20262,2 %1,50 %
Mai 20262,4 %1,50 %
Juin 20261,8 %1,50 %
Juillet 20262,1 %1,50 %
Août 20262,4 %1,70 %
Inflation : évolution de l’indice des prix à la consommation sur un an, résultats définitifs publiés par l’Insee de février à juillet 2026 ; août 2026 en estimation provisoire publiée le 28 août 2026, résultats définitifs annoncés pour le 15 septembre 2026. Le chiffre de février a été révisé de 1,0 % en estimation provisoire à 0,9 % en résultat définitif. Taux du Livret A : 1,5 % du 1er février au 31 juillet 2026, 1,7 % depuis le 1er août 2026.

Lisez la colonne du milieu : l’inflation a fait l’aller-retour entre 0,9 % et 2,4 %, elle est même redescendue à 1,8 % en juin avant de remonter. Pendant ces six mois, le taux du Livret A n’a pas bougé d’un centième. Il est resté à 1,5 %.

Conséquence pour le détenteur, qui n’a lui non plus rien décidé : son écart réel était positif d’environ 0,6 point en février, il est devenu négatif dès mars, et il l’est resté tous les mois depuis. La hausse du 1er août à 1,7 % ne l’a pas ramené dans le vert, parce qu’elle a été calculée sur la moyenne de janvier à juin, sans juillet ni août. Et comme vu plus haut, ce demi-point de marge de février ne venait pas seulement du décalage : il devait un dixième de point à la décision de relever le taux au-dessus de la formule.

Cette symétrie n’est pas une hypothèse de confort : elle s’observe sur les trois dernières années closes. Le tableau ci-dessous rapporte le taux moyen servi par le Livret A sur chaque année, pondéré par le nombre de mois d’application de chaque taux, à l’inflation moyenne de la même année.

AnnéeTaux moyen du Livret AInflation moyenneÉcart réel
20232,92 %4,9 %-1,89 %
20243,00 %2,0 %+0,98 %
20252,16 %0,9 %+1,25 %
Taux moyen pondéré par le nombre de mois d’application : 2,0 % en janvier 2023 puis 3,0 % de février à décembre ; 3,0 % toute l’année 2024 ; 3,0 % en janvier 2025, 2,4 % de février à juillet, 1,7 % d’août à décembre. Taux et dates d’application relevés sur les textes publiés au Journal officiel, cités en fin d’article. Inflation en moyenne annuelle publiée par l’Insee le 15 janvier 2026. Écart réel calculé par la formule exacte, comme dans le reste de l’article. Calcul effectué le 5 septembre 2026. Deux réserves de méthode : la série commence en 2023 parce que le taux de janvier 2022 sort des textes que nous avons pu relever, et la colonne d’inflation porte sur tous les produits alors que la formule du Livret A utilise l’inflation hors tabac, deux indices proches mais distincts.

En 2023, le retard du taux a coûté 1,89 % de pouvoir d’achat. Les deux années suivantes, l’écart s’est retourné : 0,98 % en 2024, puis 1,25 % en 2025. Une précision honnête sur ce retournement : il ne vient pas du seul décalage de la formule. Le taux de 3 % servi tout au long de 2024 résulte d’un gel décidé en juillet 2023 et prolongé jusqu’au 31 janvier 2025, pas du calcul semestriel. Décalage et décision ont joué dans le même sens, en faveur de l’épargnant. Reste le fait principal : celui qui aurait quitté son Livret A fin 2023, au pire de l’écart, serait sorti juste avant les deux seules années positives de cette série.

Ce décalage fonctionne dans les deux sens, et c’est ce qu’on oublie. Quand les prix accélèrent, le taux met un semestre à réagir et l’épargnant perd. Quand l’inflation retombe, le taux reste calculé sur le semestre chargé qui vient de s’écouler, et l’épargnant se retrouve du bon côté du décalage.

Côté établissement, personne n’a la main sur ce calendrier : la formule est réglementaire, la banque applique le taux publié. Un épargnant qui réagit à chaud à un rendement réel négatif sort donc au moment précis où le décalage lui est le plus défavorable, et l’histoire récente montre que cette phase ne dure pas. Il ne s’agit pas de dire qu’il faut rester ou partir : cela dépend de votre situation, et un conseiller bancaire ou un conseiller en investissements financiers agréé est là pour l’examiner avec vous.

Ce que la formule promet vraiment, et ce qu’elle n’a jamais promis

Reprenez la composition de la formule ci-dessus, et une conclusion s’impose : le Livret A n’a jamais eu pour mandat de couvrir l’inflation. Ce n’est pas un produit indexé sur les prix. C’est un produit à mi-chemin entre un taux monétaire et un taux d’inflation, avec un plancher de 0,5 %. S’indigner qu’il ne protège pas intégralement le pouvoir d’achat, c’est lui reprocher de ne pas tenir une promesse qu’il n’a pas faite.

La Banque de France est d’ailleurs explicite sur le point de comparaison qu’elle retient. Dans son communiqué du 15 juillet 2026, elle présente ainsi le taux de 1,7 % :

Celui-ci est en légère hausse par rapport au taux actuel de 1,5 % fixé en janvier dernier, et reste au-dessus du niveau de l’inflation moyen observé sur les six derniers mois.

Tout est dans les six derniers mots. L’inflation moyenne observée sur six mois, c’est 1,52 %. Face à ce chiffre, 1,7 % est effectivement au-dessus. Face aux 2,4 % du mois d’août, il est en dessous. Les deux affirmations sont exactes : elles ne parlent simplement pas de la même période. Savoir laquelle vous concerne dépend de votre horizon, pas de qui a raison.

Le LEP obéit à une logique différente, et elle mérite d’être connue. Le même arrêté fixe son taux au plus élevé de deux chiffres : celui du Livret A majoré d’un demi-point, ou l’inflation. Au 15 juillet 2026, cela donnait 2,2 %. Le gouverneur de la Banque de France a proposé de le maintenir à 2,5 %, soit au-dessus du résultat de sa propre formule, pour soutenir l’épargne populaire. Le communiqué précise qu’au 15 juillet 2026, plus de 12 millions de personnes détenaient un LEP, contre 7 millions en 2020.

Pour qui cet écart change vraiment quelque chose

Il n’y a pas trois décisions à prendre, il y en a une seule

Le Livret A et le LDDS servent exactement le même taux, 1,7 %, et sont soumis aux mêmes règles fiscales. Le LDDS n’est pas un choix concurrent du Livret A : c’est un second plafond de 12 000 €, au même taux, que vous pouvez détenir en plus. Comparer leurs rendements n’a aucun sens, ils sont identiques par construction.

La seule différence de rendement réelle dans l’épargne réglementée, c’est le LEP. Il rapporte 0,8 point de plus que le Livret A. C’est ce qui fait basculer l’écart réel du négatif au positif.

Le LEP est soumis à condition de ressources. Il s’agit du revenu fiscal de référence, le montant qui figure sur votre avis d’imposition et qui sert de base à de nombreux dispositifs. En métropole, les plafonds relevés le 5 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr sont les suivants.

Nombre de partsRevenu fiscal de référence maximum
1 part23 028 €
1,5 part29 177 €
2 parts35 326 €
3 parts47 624 €
4 parts59 922 €
Plafonds de revenu fiscal de référence pour le LEP en métropole, relevés sur service-public.gouv.fr le 5 septembre 2026 (page vérifiée le 1er août 2026). Chaque demi-part supplémentaire ajoute 6 149 €. La banque examine le revenu fiscal de référence de 2024 ou de 2025 selon la date de la demande.

Chiffrons ce que vaut cette seule décision. Les 0,8 point d’écart entre le Livret A et le LEP représentent 80 € par an sur 10 000 €, et 80 € également sur un LEP rempli à son plafond. Autrement dit, pour un épargnant éligible qui détient 10 000 € sur un Livret A, ouvrir un LEP rapporte à peu près la moitié de ce que le décalage de la formule lui coûte au même moment. C’est le seul arbitrage de cet article qui se chiffre en dizaines d’euros par an sans rien changer au risque pris. Pour le détail des différences entre les deux produits, voir notre article sur la différence entre le LEP et le LDDS.

À partir de quel montant l’écart pèse vraiment

Un écart réel de -0,68 % ne produit pas le même effet selon la somme concernée. C’est une évidence arithmétique, mais elle est presque toujours absente des articles qui annoncent que « le Livret A ne protège plus votre épargne ».

  • Sur 3 000 €, la perte de pouvoir d’achat sur un an est d’environ 21 €.
  • Sur 10 000 €, elle est d’environ 68 €.
  • Sur 22 950 €, le plafond du Livret A, elle est d’environ 157 €.
  • Sur les trois livrets remplis au plafond, soit 44 950 €, le solde net est d’environ 229 €, parce que le LEP joue en sens inverse des deux autres. Sur les seuls Livret A et LDDS remplis, soit 34 950 €, la perte est d’environ 239 €.

Le seuil se pose donc simplement : il faut environ 14 600 € sur un Livret A pour que l’écart réel coûte 100 € sur l’année. En dessous de 5 000 €, il coûte moins de 35 € sur l’année. Le sujet ne devient une vraie question d’argent qu’à l’approche du plafond, et il reste une question de principe en dessous.

Ces montants sont calculés au rythme d’inflation d’août 2026 et supposent que le solde reste stable sur douze mois. Rappelons aussi que les intérêts d’un Livret A ne courent pas au jour le jour : ils sont calculés par quinzaine, le 1er et le 16 de chaque mois, selon service-public.gouv.fr. Un dépôt effectué le 2 ne commence donc à produire des intérêts que le 16.

Je m’appelle Sarah, j’ai 34 ans et je suis freelance. Je garde 14 200 € sur mon Livret A comme réserve de trésorerie, parce que mes revenus arrivent de façon irrégulière et que je veux pouvoir absorber deux mois sans facturation.

Au taux du 5 septembre 2026, ces 14 200 € me rapportent 241,40 € d’intérêts sur une année pleine, et me coûtent environ 97 € de pouvoir d’achat au rythme d’inflation d’août. Le calcul m’a surprise, mais il n’a pas changé ma décision : cette somme doit rester disponible sous 24 heures, et je ne connais pas de placement mieux rémunéré qui me laisse retirer du jour au lendemain sans exposer le capital.

Le vrai point de comparaison n’est pas l’inflation, c’est le livret d’à côté

Comparer un livret à l’inflation dit si vous perdez du pouvoir d’achat. Cela ne dit pas s’il existe mieux. Pour le savoir, il faut comparer à la solution suivante, et la comparer après impôt.

Les intérêts d’un livret bancaire non réglementé sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, le prélèvement appliqué directement par la banque sur les revenus de placement. Il réunit l’impôt sur le revenu, à 12,8 %, et les prélèvements sociaux, passés à 18,6 % au 1er janvier 2026, soit 31,4 % au total.

Ce chiffre change complètement la comparaison. Pour qu’un livret imposé laisse dans votre poche autant que le Livret A, il doit afficher 2,48 % brut. Pour égaler le LEP, il lui faut 3,64 %. Voici les quatre poches d’épargne ramenées à la même échelle, celle de l’écart réel net.

Où dort l’argentTaux affichéTaux net encaisséÉcart réel net
LEP2,50 %2,50 %+0,10 %
Livret A et LDDS1,70 %1,70 %-0,68 %
Livret imposé à 2 % brut2,00 %1,37 %-1,00 %
Compte courant0,00 %0,00 %-2,34 %
Écart réel net Banque Avenue relevé le 5 septembre 2026, calculé sur l’inflation de 2,4 % sur un an publiée par l’Insee le 28 août 2026 (estimation provisoire). Les trois livrets réglementés sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, leur taux affiché est déjà net. La ligne « livret imposé à 2 % brut » est une hypothèse de calcul et ne renvoie à aucune offre commerciale : son taux net résulte du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026, selon service-public.gouv.fr). Une imposition au barème progressif, sur option, donne un résultat différent.

La dernière ligne est celle qu’on oublie. L’argent laissé sur un compte courant non rémunéré perd 2,34 % de pouvoir d’achat par an au rythme d’août 2026, soit plus de trois fois ce que perd un Livret A. Avant de s’inquiéter des 0,68 % du Livret A, il est plus rentable de regarder ce qui traîne sur le compte courant.

Le cas des offres de bienvenue

Faisons tourner la méthode sur une hypothèse, sans référence à une offre réelle : un livret imposé qui servirait 3 % brut pendant trois mois. Sur ces trois mois, il rapporte 0,75 % brut, soit 0,51 % une fois les 31,4 % retirés. Le Livret A, sur la même période, rapporte 0,43 %. L’offre l’emporte donc, mais de 0,09 point, soit environ 9 € pour 10 000 € placés.

Neuf euros, c’est le vrai gain de la promotion. Ce qui décide du résultat sur l’année, ce n’est pas le taux d’appel affiché en gros, c’est le taux servi les neuf mois suivants, une fois la période promotionnelle terminée. Ce second taux figure rarement dans la publicité, et c’est celui qu’il faut demander.

Le raisonnement vaut aussi pour les placements de plus long terme, dont la logique est différente : le fonds en euros d’un contrat d’assurance vie, le plan d’épargne logement, ou les unités de compte, qui elles présentent un risque de perte en capital. Pour ces comparaisons, voir nos articles sur les fonds en euros et les unités de compte et sur l’intérêt du plan d’épargne logement.

Refaire le calcul chez vous, en trois étapes

L’inflation change tous les mois et le taux des livrets deux fois par an. Le chiffre de cet article sera périmé. La méthode, elle, ne le sera pas.

  1. Relevez le taux en vigueur. Sur service-public.gouv.fr, à la fiche du livret concerné. Notez la date de l’arrêté, pas seulement le taux.
  2. Relevez l’inflation la plus récente. Sur insee.fr, dans les Informations rapides mensuelles. Prenez le glissement annuel, c’est-à-dire l’évolution des prix sur les douze derniers mois, et notez s’il s’agit d’une estimation provisoire ou d’un résultat définitif.
  3. Appliquez la formule. Divisez (1 + le taux) par (1 + l’inflation), retirez 1, multipliez par 100. Multipliez ensuite ce pourcentage par le solde de votre livret pour obtenir l’effet en euros.

Une réserve à garder en tête, et elle est de taille : l’inflation de l’Insee est celle d’un panier moyen. La vôtre dépend de vos dépenses. En août 2026, l’énergie augmentait de 16,7 % sur un an et les produits manufacturés reculaient de 0,4 %. Un ménage qui se chauffe beaucoup et achète peu d’équipement subit une inflation supérieure à 2,4 %, et donc un écart réel plus dégradé que celui affiché ici.

Questions fréquentes

Le Livret A fait-il perdre de l’argent ?

Non, pas en euros : le solde ne peut pas baisser et les intérêts s’ajoutent. Au 5 septembre 2026, un Livret A produit 1,7 % d’intérêts nets. En pouvoir d’achat, en revanche, l’écart réel est de -0,68 % au rythme d’inflation d’août 2026. Vous avez plus d’euros et ils achètent un peu moins.

Quand le taux du Livret A change-t-il à nouveau ?

En principe au 1er février 2027, sur un calcul arrêté au 15 janvier portant sur le second semestre 2026. L’arrêté prévoit toutefois une fenêtre de révision supplémentaire au 15 octobre 2026. Sur les deux premiers mois connus du semestre, l’inflation a accéléré, mais la décision revient au ministre de l’Économie sur proposition du gouverneur.

Le LEP protège-t-il vraiment du pouvoir d’achat ?

À 2,5 % face à une inflation de 2,4 %, son écart réel est de +0,10 % au 5 septembre 2026. Il couvre tout juste l’inflation, sans marge. Sur un LEP au plafond de 10 000 €, cela représente environ 10 € gagnés sur l’année. Son avantage reste les 0,8 point qu’il apporte face au Livret A.

Faut-il retirer son argent du Livret A quand le rendement réel est négatif ?

Cette question n’a pas de réponse générale. Deux faits : le solde d’un livret réglementé ne peut pas baisser et reste disponible immédiatement ; et le décalage de la formule joue en faveur de l’épargnant quand l’inflation redescend. Pour un arbitrage tenant compte de votre situation, adressez-vous à un conseiller bancaire ou à un conseiller en investissements financiers agréé.

Pourquoi la Banque de France dit-elle que le Livret A est au-dessus de l’inflation ?

Parce qu’elle compare 1,7 % à l’inflation moyenne de janvier à juin, soit 1,52 % hors tabac. Les articles qui annoncent un rendement négatif la comparent à celle d’août, soit 2,4 %. Les deux calculs sont exacts sur leur période. Réserve de méthode : l’un est une moyenne semestrielle hors tabac, l’autre un mois isolé tous produits inclus.

Ce qu’il faut retenir

Au 5 septembre 2026, l’épargne réglementée ne couvre pas l’inflation du mois pour le Livret A et le LDDS, et la couvre de justesse pour le LEP. Ce constat est daté et il changera.

Ce qui ne changera pas, c’est le mécanisme : un taux calculé sur le semestre écoulé, une inflation subie au présent, et un décalage qui joue dans les deux sens selon la phase du cycle. La bonne question n’est donc pas « le Livret A rapporte-t-il assez », mais « qu’est-ce que je compare, sur quelle période, et après quelle fiscalité ». Pour un panorama plus large des supports d’épargne, voir notre comparaison entre épargne réglementée et épargne libre.

Cet article a un objectif d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les taux, montants et conditions cités sont donnés à titre indicatif à la date de publication et peuvent varier selon votre profil, l’établissement et l’évolution du marché. Avant toute décision, rapprochez-vous d’un conseiller bancaire ou d’un courtier qualifié.

Le solde d’un Livret A, d’un LDDS ou d’un LEP ne peut pas baisser du fait du marché, et leurs taux sont fixés par les pouvoirs publics. Son pouvoir d’achat, en revanche, dépend de l’inflation, qui n’est pas prévisible. Les autres placements évoqués dans cet article, notamment les unités de compte, présentent quant à eux un risque de perte en capital. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs, et aucun chiffre de cet article ne constitue une prévision.

Le profil de Sarah est un cas type, pas un témoignage individuel. Les taux, plafonds et chiffres d’inflation utilisés dans son calcul sont ceux des sources officielles citées ci-dessous.

Sources officielles consultées le 5 septembre 2026

Point non chiffré faute de source primaire : l’inflation hors tabac d’août 2026 n’a pas pu être relevée séparément dans l’estimation provisoire de l’Insee. Les comparaisons entre le taux des livrets, calculé sur l’inflation hors tabac, et l’inflation de 2,4 % tous produits inclus sont donc signalées comme portant sur des indices différents.

Publié le 6 septembre 2026, mis à jour le 6 septembre 2026, sur des relevés de sources effectués le 5 septembre 2026. Prochaine mise à jour prévue après la publication des résultats définitifs de l’Insee pour août 2026, le 15 septembre 2026, et après la révision des taux d’épargne réglementée du 1er février 2027.

Image a la une : Markus Spiske sur Pexels.